Leçons de circularité

Stéphane Desjardins
Mot du rédacteur en chef

Pas facile de changer le cours de l’histoire.

Tout le monde connaît les révolutions française, américaine, bolchévique, maoïste, féministe. elles ont indéniablement laissé des marques durables, positives et négatives. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la généralisation de la pilule anticonceptionnelle dans les années 1960, de l’invention de l’électricité il y a 140 ans à l’infonuagique apparue au début des années 2000, l’humanité connaît sans cesse des bouleversements qui consacrent son inventivité et ses facultés d’adaptation, qui lui ont permis de survivre et de dominer le monde.

Mais, contrairement à la domestication du feu qui a permis à homo sapiens d’augmenter son espérance de vie, de développer ses facultés cognitives et de survivre aux glaciations, la révolution industrielle a entraîné une transformation particulière de l’histoire de notre planète : l’anthropocène.Au cours de la guerre froide, avec les armes nucléaires, l’humanité a acquis l’incroyable pouvoir de s’autodétruire et d’annihiler une grande part de la vie terrestre. Mais il semble que la plus grande menace à notre avenir serait l’anthropocène.

il s’agit d’une théorie voulant que nous fassions notre entrée dans une nouvelle époque géologique, qui se caractérise par l’humanité comme vecteur de changement, surpassant les forces géophysiques. l’anthropocène est marqué par un désordre inédit à l’échelle planétaire, qui se traduit par la disparition de nombreuses espèces, peut-être même de sapiens, à cause des effets de ses activités sur le climat et les océans.

L’anthropocène remplace l’holocène, qui s’achève après 12 000 ans d’évolution de l’humanité menant aux excès actuels du capitalisme. Typique de l’être humain : si celui-ci comprend et accepte que ses actions endommagent l’écosystème qu’il exploite sans vergogne, son cerveau, qui ne perçoit que des menaces à court terme, rend difficile tout virage collectif permettant d’adopter un mode de vie écologiquement plus sensé (même le principe d’anthropocène est controversé, c’est tout dire).

Sur une note positive, précisons que des millions de personnes ont entrepris la prochaine révolution, qui est écologique. Après avoir adopté des concepts comme le développement durable, l’économie verte, la décroissance, les normes eSG (pour « environnement », « société » et « gouvernance »), voici venue l’économie circulaire.

Comme par hasard, ce principe de gestion plus saine des ressources, des organisations et des procédés industriels ou commerciaux se prête admirablement bien à la culture du mouvement coopératif, dont l’ADN est marqué par la collaboration, sans laquelle toute forme de circularité est impossible.

On vous parle ainsi d’économie circulaire dans notre dossier spécial en expliquant ses fondements et ses conditions gagnantes, et en présentant chercheurs, spécialistes et coopérateurs qui se sont lancés dans cette aventure hors du commun.

Bonne lecture, et merci de soutenir le seul magazine québécois indépendant qui se consacre entièrement à la coopération.

En terminant, nous accueillons un nouveau collaborateur, l’historien Pierre-Olivier Maheux , qui est rattaché à la Société historique Alphonse-Desjardins. Notre chronique historique nous tient à cœur pour un principe important : il faut connaître d’où on vient pour savoir où on va !

Stéphane Desjardins

Crédit photo mise à l’avant : https://unsplash.com/@yanu

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