Voyager au rythme de la Côte-Nord

Anne-Gabrielle Ducharme

« Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver », chantait Gilles Vigneault. L’artiste, originaire de Natashquan sur la Côte-Nord, faisait dans cet air allusion au climat robuste de sa région, mais également à sa beauté. À l’image du célèbre chanteur, la Coopérative de solidarité en tourisme équitable, Voyages Coste, a réussi à apprivoiser les défis que présente la visite de cette région éloignée, et ce, en en maximisant les atouts.

La coopérative a vu le jour en avril 2009 et découle de consultations entre petites entreprises du Nord-est québécois. Ces dernières ont conclu que s’associer constituait la meilleure façon de fournir une expérience globale aux visiteurs, tout en réduisant les coûts de commercialisation. « Les gens veulent vivre une expérience représentative de la Côte-Nord. En se regroupant, on peut coordonner l’offre et fournir des forfaits », explique la directrice générale de Voyages Coste, Alberte Marcoux.

Le regroupement émane également de la difficulté des touristes à planifier leur séjour. Il est en effet ardu de se rendre sur ces côtes du Saint-Laurent, principalement accessibles par voies maritimes. Des formules mariant transport, visites de milieux naturels, gastronomie et culture locale ont ainsi été élaborées, afin de faciliter les démarches des villégiateurs.

En se regroupant, on peut coordonner l’offre et fournir des forfaits

« Avant 2011 on avait une centaine de visiteurs. Aujourd’hui, on en est à plus de 945, dont 5% proviennent de l’international »

Un modèle à suivre

Voyages Coste alloue entre autres l’accès à des pôles touristiques catégorisés comme « émergents », notamment l’île d’Anticosti et Blanc-Sablon. Tenter d’y augmenter l’achalandage ne représente pas une mince affaire. « L’accessibilité aux transports est encore limitée, surtout en raison des prix qui demeurent élevés », constate d’ailleurs la spécialiste en tourisme.

Or, le mode organisationnel coopératif semble permettre de globalement relever le défi. « Avant 2011 on avait une centaine de visiteurs. Aujourd’hui, on en est à plus de 945, dont 5 % proviennent de l’international, illustre la directrice générale de Coste. De plus, 100% des retombées restent dans la région », poursuit-elle.

Un projet à portée multifacette

Et ces retombées, comment se traduisent-elles ? « Nous sommes en train de créer une solidarité formidable autour de la coop. Les gens démontrent une grande volonté de travailler ensemble », se réjouit Marcoux.

Des répercussions positives se font ainsi d’une part sentir au niveau de l’emploi, et d’autre part au niveau communautaire. « Il y a trois grands groupes qui cohabitent sur la Côte-Nord : les anglophones, les francophones et les Innus. Une collaboration d’abord entrepreneuriale entre ces franges permet des rapprochements culturels par la suite », élabore-t-elle.

Territoire vierge

« Ce que l’on met de l’avant, c’est l’authenticité et le tempérament chaleureux des habitants de la région, ainsi que la possibilité de décrocher complètement de la ville », émet Mme Marcoux. La Basse-Côte-Nord, un secteur touristique de la région, est en effet démunie de réseau de téléphonie cellulaire ainsi que de connexion Internet haute vitesse. Les réseaux routiers y sont également rares, voire inexistants, faisant de ce territoire un espace littéralement inexploité.

Visiter la Côte-Nord, c’est ainsi entrer dans un microcosme où il est encore possible de vivre « au rythme de la nature », comme le souligne Alberte Marcoux.

Coopérative de solidarité en tourisme équitable Voyages Coste

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