Vers une culture du bien collectif

Abderrahim Izirri, Directeur général de la Coopérative de développement régional de Montréal–Laval

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est izirri.png.L’ idée d’une société en transformation s’impose en constatant à quel point nous sommes plus interpellés en 2015 par le bien partagé et comment ces aspirations sont en train de façonner de nouvelles manières de consommer, de vivre ensemble et de travailler.

Qu’il s’agisse d’auto-partage, de tourisme responsable, de jardins communautaires, de co-working, d’habitations collectives… nous assistons présentement à une renaissance des valeurs centrées sur l’humain et sur sa capacité naturelle de se rassembler et de coopérer.

C’est ce nouveau paradigme fondé sur le partage (sharing is the new owning), où on assiste au déploiement de nouveaux modèles socioéconomiques, que nous avons souhaité explorer dans la présente édition du Coopoint, en mettant l’accent sur le phénomène collectiviste des ressources partagées. Pour nous, il ne fait aucun doute que les coopératives ont un rôle à jouer dans ces nouveaux échanges, en traçant la voie vers une économie du 21e siècle juste et éthique.

Je pense ici à une des coopératives de qui nous dressons le portrait dans ces pages, l’Atelier de développement territorial L’Enclume, qui partage ses bureaux avec une autre organisation dont nous traitons également, L’Utile, et avec deux autres coopératives de la nouvelle économie : ces jeunes entrepreneurs ont soif d’échanges, de collaboration, de participation et semblent avoir fusionné travail, loisirs, milieux de vie et collectivité – certainement au bénéfice du Montréal de demain. Je suis fier d’apporter ma contribution à soutenir ces entreprises d’avenir au service des collectivités et de l’économie du Québec.

Les défis de notre système de santé en milieu urbain nous ont interpellés et c’est l’expert en développement de projets collectifs Jean-Pierre Girard qui nous expose ici sa vision des coopératives de santé à développer pour les grandes villes comme Montréal. Nous approfondissons aussi comment les coopératives ont un rôle à jouer en éducation, en énergies renouvelables, en logement étudiant, des secteurs peu conventionnels pour le développement coopératif mais combien appropriés!

Il est toujours inspirant de voir ailleurs comment la formule coopérative répond à des besoins diversifiés et l’exemple du Philarmonique de Londres, administré par ses musiciens, dont vous pourrez lire le cheminement, est certainement un modèle qui, bien que peu répandu dans le monde de la musique classique, a su préserver le lustre et la longévité de cette formation unique au monde… Notre survol des coopératives étrangères – Grande-Bretagne, France, Argentine  et Burkina Faso – nous propose dès lors des façons de faire qui bien que différentes, puisent leurs origines dans cette volonté de l’humain de tirer avantage du groupe au bénéfice de tous et chacun.

Les coopératives sont bien implantées au Québec et chaque année, notre Coopoint cherche à mettre en valeur divers exemples qui se démarquent : c’est ainsi que vous vous promènerez de la Gaspésie à Sherbrooke… et pourrez apprécier comment les diverses communautés de Percé, Québec, Lac-Kénogami, Rimouski, Sherbrooke et Montréal ont trouvé dans le modèle coopératif une solution viable pour relever un défi qui les touche, qu’il s’agisse de la préservation de l’environnement, de récréo-tourisme, de diffusion culturelle, d’accès à l’emploi ou autres produits et services en lien avec la prospérité de leur milieu.

Or, malgré toutes ces recettes convaincantes, le modèle coopératif apparaît encore timide à percer la demande en transfert d’entreprise et nul doute qu’il s’agit là d’un chantier de première importance pour maintenir notre richesse…

Finalement, nous sommes heureux de constater que le mouvement coopératif du Québec dans son ensemble profite de l’existence d’une revue comme le Coopoint puisqu’elle témoigne – et vous êtes nombreux chers lecteurs à nous en faire part – de la vitalité des coopératives d’ici et réussit, chaque année, à inspirer étudiants, entrepreneurs en devenir et gens d’affaires à se familiariser avec notre modèle d’affaires coopératif. Espérons que cette année encore, vous trouverez en ces pages une série d’exemples qui vous amène à explorer les nouvelles frontières de l’expérience collective.

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