Smart : se concentrer sur la création plutôt que la gestion

Stéphane Desjardins

Quand des artistes se dotent de ressources communes dignes du monde des affaires, ça donne SMart.

Il s’agit d’une coopérative fondée par des artistes européens qui cherchaient à se doter d’outils de gestion et d’administration, mais qui voulaient avant tout se concentrer sur la création plutôt que de gérer l’aspect « entreprise » lié au statut de travailleur autonome.

Créée à Bruxelles en 1998, SMart compte 14 000 membres et 85 000 utilisateurs en Belgique. Elle a essaimé en France, Italie, Espagne, Hollande, Hongrie, Autriche et Suède. Le mouvement réunit 120 000 membres en tout, mais chaque antenne n’est pas nécessairement coopérative. Avec les années, la coopérative en est venue à devenir un acteur politique respecté.

L’organisation permet à ses membres de développer leur carrière dans un cadre sécurisé en obtenant le statut de travailleur salarié, ce qui permet de concilier « protection sociale » et « dynamique entrepreneuriale ». « Avec le temps, SMart a permis aux artistes de se formaliser et de passer du statut de travailleur indépendant à celui d’employé, surtout du point de vue fiscal, mais aussi pour les protections sociales auxquelles on n’a pas accès quand on est travailleur autonome. La formule permet également de mieux gérer les flux de trésorerie, les taxes, le backoffice, la gestion en général. Mais elle garantit néanmoins de conserver son indépendance quant au développement des affaires ou de la carrière », explique Stéphanie Guico, une travailleuse autonome de Montréal qui songe à importer la formule chez nous.

Une structure solide

SMart offre tous les avantages de la mutualisation du travail : assurances abordables, fonds de garantie qui permet de se faire payer rapidement (dans un délai de 7 à 10 jours après facturation), services de gestion et de facturation, etc. SMart assure la perception auprès de la clientèle à partir de la facturation individuelle de chaque membre.

La coopérative a aussi créé des espaces de travail partagé (coworking) gérés par les utilisateurs et elle propose des services de gestion des projets imposants, par exemple une pièce de théâtre où il faudrait embaucher décorateurs, costumiers, comédiens, éclairagistes, etc. « C’est comme disposer d’un bureau et d’un gestionnaire de projet sans en avoir un », commente Mme Guico.

Chaque membre facture à son rythme, selon ses besoins. Certains facturent deux projets par année, d’autres à la semaine. Certains sont des travailleurs réguliers, d’autres occasionnels. Les utilisateurs obtiennent un statut de salarié lorsqu’ils atteignent un revenu annuel prédéterminé. SMart se rémunère en percevant des frais de gestion avant taxes de 6,5 %, en sus de ce qui est facturé par le membre. Une part de 4,5 % va à SMart, le solde est dirigé vers le fonds de garantie.

« C’est une formule gagnant-gagnant, commente Mme Guico. Les créateurs se concentrent avant tout sur leur métier, mais ils peuvent développer leurs affaires plus efficacement. L’organisation récupère ainsi des gens qui seraient voués à la précarité. »

smart.be

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