Mot du rédacteur en chef

Stéphane Desjardins

Lancer, consolider, faire croître une coop, ça demande des ressources. Plus il y aura d’entrepreneurs coopérants, plus le mouvement prendra de l’ampleur. C’est pour cela que nous publions notre dossier « financement ».

Le Québec compte un peu plus de 257 000 entreprises, mais seulement 3000 coopératives et mutuelles. Ces dernières ont pourtant presque autant de membres que de Québécois, embauchent 116 000 personnes et enregistrent un chiffre d’affaires de 39 milliards de dollars. Leur taux de croissance surpasse celui du PIB depuis des années, et leur résilience est supérieure à celle des sociétés par actions, selon le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité.

Alors, pourquoi est-ce encore si compliqué de financer une nouvelle coopérative ? Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien tous les jeunes entrepreneurs qui s’embarquent dans cette utopie réaliste, proche de leurs valeurs, et qui nous en parlent. Le financement serait la croix et la bannière, disent-ils. Pourtant, les directions de l’écosystème d’appui à la coopération clament qu’il ne manque ni fonds ni expertise pour soutenir jeunes et moins jeunes coops.

La réalité se situe entre les deux. Certains entrepreneurs sont mal préparés. Et l’écosystème est mal équipé pour appuyer certains projets technos ou de relève d’entreprise. Et l’expertise en instruments de financement appropriés, comme les parts participantes ou privilégiées, est encore peu partagée entre les géants de la coopération et les coops naissantes ou de petite taille. Ça va changer, promettent les banquiers solidaires. Il le faut : à une époque où lancer sa startup est dans le vent, il faut que démarrer une coop le soit aussi !

Occuper le paysage

Vous connaissez déjà la crise existentielle profonde qui frappe les médias d’information. Il y a un an, quand mon ami Jean Soublière m’a approché pour relancer ce magazine sur une base trimestrielle et sur le Web, j’étais sceptique…

Nous avons plongé et, un an plus tard, nous sommes en bonne voie de gagner notre pari : nous avons réalisé quatre éditions de la revue Coopoint 2.0 et un site Web flambant neuf.

J’en suis convaincu : le travail des journalistes doit changer la vie du public. C’est exactement ce que nous faisons avec Coopoint : nous améliorons la société par l’information et l’éducation au concept de coopération, qui entraîne une prise de contrôle citoyenne accrue de nos existences. Bonne lecture !

 

Laisser un commentaire