L’excellence par la solidarité

Coopérative des professeurs de musique de Montréal

Félix Delage-Laurin

En juin 2009, après deux années à pratiquer son métier de tromboniste pour l’Orchestre symphonique de Vancouver, Alexandre Gagnier avait un projet bien précis en tête. Son retour à Montréal serait l’occasion de créer une école de musique, lui permettant à lui et sa conjointe Lyne Allard, également musicienne, d’offrir des cours privés à des élèves. C’est d’ailleurs cette dernière qui amène l’idée de créer l’école par le biais d’une coopérative de travail. « Je ne me sentais pas vraiment à l’aise dans le siège du propriétaire. Je trouvais que c’était plus porteur de faire ça en groupe, avec mes collègues », explique le musicien. « La première année, les gens venaient s’inscrire sur le comptoir de cuisine de notre 4 et demi du Plateau. À un moment donné, il a fallu se trouver un vrai local parce que ça m’est arrivé que des gens viennent s’inscrire et que je sois en robe de chambre! », rigole t-il.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est violon.png.L’adage populaire prônant que l’union fait la force sied tout à fait à la Coopérative des professeurs de musique de Montréal, nom qui sera donné à cette école de musique « coopérative » située sur St-Denis coin Mont-Royal. « Élisabeth, Lyne et moi sommes des gens qui sont très compatibles et c’est ça qui nous a permis d’avoir du succès avec cette coopérative », explique l’instrumentiste, directeur général de la coopérative.

Cette coopérative de travailleurs – dont les membres sont les musiciens-professeurs qui y enseignent – vise avant tout à recruter dans ses rangs la crème de la crème de la pédagogie musicale. « Nos 60 professeurs qui enseignent ici aujourd’hui sont triés sur le volet… nous ne considérons que les musiciens qui nous ont été référés et qui ont un baccalauréat en interprétation de leur instrument. Nous ne cherchons pas moins que l’excellence. », explique t-il fièrement. La possibilité d’enseigner à la coopérative est d’ailleurs très recherchée, les conditions de travail étant notamment très intéressantes. « Le milieu musical est très difficile et on veut offrir une bonne stabilité à nos professeurs. Nous leur offrons de 27$ à 30$ de l’heure pour les cours privés et 40$ de l’heure pour les cours de groupe qui se donnent ici sur place. Dans des écoles de musique privées, le taux horaire du salaire des professeurs serait en général amputé de moitié. » De plus, les cours privés au domicile de l’enseignant offrent une grande flexibilité aux professeurs, qui sont en mesure de construire leur horaire eux-mêmes.

Les 350 élèves peuvent perfectionner la maitrise d’un instrument avec un professeur privé, mais peuvent aussi s’inscrire à des cours de groupe. Ces cours donnent accès à un éventail de choix, que ce soit l’ensemble de guitare classique, les deux ensembles baroques, l’improvisation jazz, les violons traditionnels (musique folklorique), ou encore la chorale des jeunes et la chorale jazz pop. De plus, les parents désireux de plonger leurs tout-petits dans l’univers musical peuvent le faire avec les 15 ateliers d’« éveil musical », offerts aux enfants âgés de 9 mois à 6 ans. « Nous avons créé des groupes par tranches d’âges parce que l’apprentissage de la musique varie beaucoup à ces stades. Par exemple, les très jeunes enfants entendent plutôt les sons graves que les sons aigus et ils sont plus attentifs si on leur propose plusieurs courtes activités. On s’ajuste en conséquence. », précise Alexandre Gagnier.

Le défi pour la Coopérative des professeurs de musique de Montréal est maintenant de rejoindre de nouvelles clientèles, dont la clientèle anglophone, puisque les cours privés sont présentement surtout offerts sur le Plateau, Rosemont, Villeray et le Centre-Sud. La recherche d’un nouvel espace pour recevoir davantage d’élèves est également dans les plans.

Que vive la musique!

Coopérative des professeurs de musique de Montréal

Membre de la CDR de Montréal-Laval

 

Laisser un commentaire