Café Acquis de droit : pour les étudiants, par les étudiants

Naomie Gelper

En 2002, des étudiants de la faculté de droit l’Université de Montréal ont lancé leur propre café coopératif, le Café Acquis de droit.

Le Café Acquis de droit n’est pas comme tous les autres cafés étudiants de l’Université de Montréal, pour la plupart issus d’une entente d’octroi de salons étudiants entre la Fédération des associations étudiantes du campus de l’université de Montréal (FECUM) et l’université. C’est une coopérative de consommateurs !

À la fin des années 90, certains de ces espaces offrant aux étudiants un accès à des micro-ondes et des machines à café ont décidé de devenir indépendants. « Un des premiers cafés à s’être vraiment développé, c’est le Café Acquis de droit », explique le directeur général de la coopérative, Mohamed Majdi. Le Café Acquis de Droit est une concession de l’Association des étudiants en droit (AED), exploitée par la Coop droit depuis 2002. 

Lorsque le Café Acquis de droit s’est enregistré comme entreprise au registraire des entreprises du Québec, la FAECUM a alors signé une entente de gestion avec la Coop droit, car elle ne pouvait plus assumer sa direction. « Le café est donc devenu un secteur d’exploitation de la Coop droit », exprime monsieur Majdi. La Coop droit compte 6000 membres actifs qui bénéficient entre autres d’avantages au café. La part sociale est de 10$ et la carte membre est de 25$.

L’administration de la coopérative a recruté un gérant, Marc-Antoine Patoine, pour le Café Acquis de droit qui, à son tour,  recrute 25 à 30 étudiants par année pour y travailler en grande majorité à temps partiel. « Ce sont principalement des étudiants en droit qui exploitent le café, indique Mohamed Majdi. C’est eux qui sont en derrière le comptoir, qui préparent les plats, qui reçoivent les commandes, etc. »

Le modèle coopératif pour mieux servir

« En écoutant les réels besoins des clients, on a développé une offre de produits adaptée à la clientèle, comme une gamme d’aliments veganes, végétariens ou biologiques, précise monsieur Majdi. On avait le monopole de ces produits-là sur le campus, donc les gens se déplaçaient de d’autres facultés pour venir manger ici. »

En adoptant le modèle coopératif, le Café Acquis de droit privilégie une certaine proximité avec ses membres, pense Mohamed Majdi. « On tient des tables de consultation où on sonde les membres pour connaître leurs besoins au café et à la coop même », explique-t-il. Pour monsieur Majdi, c’est important d’impliquer les étudiants en droit dans le processus.

17 ans de réussite et de vie associative

Financièrement, le chiffre d’affaire du café a connu une croissance constante. Alors qu’il tournait autour de 220 000$ à l’arrivé de Mohamed Majdi comme directeur général, en 2011, il est présentement de 400 000 $.

Lors des sessions universitaires, deux « 4 à 7 » sont organisés chaque semaine au café par l’association étudiante. « On met le café à leur disposition exclusive, qui sert alors de lounge, où les gens peuvent échanger et faire du réseautage », explique monsieur Majdi. Des événements spéciaux sont aussi organisés dans le local, qui est bien adapté à la vie facultaire. Depuis 2002, le café n’a pas déménagé. Il peut être réservé par des étudiants qui désirent l’utiliser pour toutes sortes d’occasions.

Idées de grandeur

Prochainement, le café a des projets d’agrandissements. « Ça fait trois ans qu’on suspend un projet de rénovation, mais on voudrait le concrétiser pour l’été 2020 », indique Mohamed Majdi. L’équipe souhaiterait avoir une offre plus locale, avec des produits faits maison et un comptoir plus grand, où les clients pourraient personnaliser leurs sandwichs. Le café resterait tout de même accessible.

En période scolaire régulière, le café Acquis de droit est ouvert tous les jours. Pendant l’été, il reste ouvert, mais seulement du lundi au vendredi. « On a suffisamment d’achalandage pour justifier l’ouverture, car le pavillon Jean-Brillant demeure très actif durant la période estivale, exprime Mohamed Majdi. Il y a des cours d’été, du soir, de francisation, etc. »

Laisser un commentaire