Une coopérative près de sa population

Coopérative de solidarité Le Chez-Nous du Communautaire des Moulins

Koralie Boyer

La coopérative de solidarité Le Chez-Nous du Communautaire des Moulins est la seule coopérative de location axée sur le milieu communautaire au Québec. Voici le portrait d’une coopérative qui souhaite voir le monde communautaire grandir en misant sur des projets créés par et pour la communauté.

« Une coopérative de location qui se concentre sur le milieu communautaire, à ma connaissance, ça n’existe pas. Ou alors je n’en ai pas encore vu d’autres que nous! », déclare madame Élisa-Ann Sourdif, coordonnatrice de l’organisme. Ce constat démontre que le Chez-Nous du Communautaire des Moulins répond à un besoin criant de la population.

Cette coopérative hors de l’ordinaire est en activité depuis 1999, dans la région de Mascouche. « Tout a commencé lors d’un Forum sur le développement social dans la MRC Les Moulins, raconte madame Sourdif. Plusieurs organismes communautaires ont manifesté le besoin d’avoir un lieu où ils pourront tenir des réunions, avoir accès à des pièces communes ainsi qu’offrir des loyers à prix modique pour la population », explique-t-elle.

La coopérative offre donc tous les conseils et l’équipement nécessaires aux organismes qui souhaitent se faire une place dans la région. Le projet a ainsi vu le jour grâce aux idées de la communauté, à un partenariat avec la Ville de Mascouche et aux efforts de madame Andrée Martel qui, selon madame Sourdif, a « porté le projet à bout de bras ».

Comme un projet de cette envergure ne se réalise pas sans heurts, la coopérative Le Chez-Nous du Communautaire des Moulins n’y échappe pas. Pendant l’élaboration du projet d’aménagement, l’organisme s’est rendu compte qu’il ne disposait pas des ressources nécessaires pour mener le projet à terme. Ce fut donc l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) Des Moulins qui a pratiquement assumé seule les responsabilités administratives et financières de la coopérative. La Maison des jeunes de Mascouche a également abrité gratuitement les bureaux du Chez-Nous durant cette période difficile. Ce fut finalement en 2005 que l’organisme a pu emménager dans de nouveaux bureaux, soit à son emplacement actuel. Malgré les années, la coopérative Le Chez-Nous du Communautaire poursuit les mêmes objectifs qu’à ses débuts.

Par son existence, la coopérative Le Chez-Nous du Communautaire des Moulins souhaite soutenir le développement social et communautaire de la région, « mais surtout le développement des organismes communautaires Des Moulins », ajoute la coordonnatrice. La coopérative entretient aussi une réputation d’incubateur de nouveaux projets dans la ville de Mascouche. « Le Chez-Nous a été porteur de bien des projets dans le passé et parfois encore, il parraine la Coopérative jeunesse de services de la ville de Mascouche en faisant appel à son animateur pour des activités », raconte madame Sourdif. Bref, la coopérative souhaite apporter sa contribution dans la vie de sa municipalité et faire la différence dans celle des citoyens de Mascouche en leur permettant de transformer leurs idées abstraites en projets concrets qui bénéficieront à tous.

Bien que l’organisme en soit encore à l’élaboration de son plan de développement, plan qui devrait voir le jour cet automne, madame Sourdif assure que la coopérative est loin d’être fermée à de nouvelles idées. « Il y a des projets qui peuvent émaner du milieu. Nous faisons du mieux que nous pouvons pour aider les organismes et la population avec les moyens que nous avons », déclare-t-elle.

À titre d’exemple, madame Sourdif parle du Comité de vigie et de liaison. « Nous y participons vraiment de façon accrue, parce que, justement, c’est un projet de la communauté. Quand on nous a demandé de faire partie du comité, nous nous sommes dit que nous n’allions pas seulement participer aux réunions. Nous voulions nous impliquer, parce que c’est notre mission ». Le Comité de vigie et de liaison de Mascouche vise à rendre les services accessibles à tous ses habitants, peu importe leur mode de vie, leur âge ou leur condition physique et mentale. Le Chez-Nous du Communautaire des Moulins participe à plusieurs comités de ce genre afin d’être le plus près possible de la population.

Jeune employée arrivée il y a à peine un an, Élisa-Ann Sourdif dit que les membres de la coopérative sont principalement des organismes communautaires. « Nous comptons 85 membres au total, dont 75 sont particulièrement actifs ». Un des éléments qui font du Chez-Nous du Communautaire des Moulins un endroit à part est la présence et la mobilisation en ses murs de plusieurs acteurs du milieu ayant des objectifs bien distincts, tels que les organisations gouvernementales, publiques, parapubliques et communautaires, dont l’arrimage de leurs missions respectives et de leurs disponibilités est souvent difficile à concevoir. Le Chez-Nous s’engage aussi à donner un coup de main aux organismes peu ou pas du tout subventionnés.

Pour joindre les rangs de la coopérative, les membres doivent obligatoirement être des organismes sans but lucratif possédant une charte. La part sociale est de 30 $ pour un membre utilisateur et de 50 $ pour un membre de soutien.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle aime le plus de son travail, madame Sourdif répond sans hésiter : « J’aime le fait d’être toujours en relation avec le milieu communautaire et social. Le secteur communautaire est un milieu plein de vie, et les gens sont toujours prêts à prendre de nouvelles initiatives. » Le milieu est aussi tissé serré, puisque les membres de l’organisme se réunissent souvent pour des occasions spéciales. « Chaque année, on organise un party de Noël pour les membres du Chez-Nous », déclare la coordonnatrice de la coopérative.

Mais quelles sont les ambitions de madame Sourdif pour la coopérative? La réponse est simple : rester toujours à la disposition de sa population. « Je voudrais travailler sur le projet de cuisine collective, confie-t-elle. La cuisine existe déjà, mais je voudrais en faire quelque chose de plus régulier. Je veux aussi faire de la coopérative une plaque tournante de la vie communautaire dans la région », déclare-t-elle avec enthousiasme.

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