Persévérer malgré les difficultés

Naomie Gelper

La Coop Les Récoltes, une coopérative de solidarité dans le quartier Latin, est un lieu de rencontre pour différentes communautés qui se divise en trois volets : alimentaire, événementiel et communautaire.

Ouverte depuis plus d’un an, la coopérative vit des difficultés financières puisqu’elle est moins achalandée en période estivale, sa principale clientèle étant les étudiants du quartier.

Les racines de la Coop Les récoltes remontent au projet de resto-épicerie du comité Aliments d’ici du Groupe de recherche d’intérêt public (GRIP-UQAM), débuté en 2006, qui a mené au Marché fermier de l’UQAM, mais qui n’avait jusqu’à ce jour pas trouvé le lieu idéal pour ouvrir à l’année à l’intérieur.

Lors d’un événement pour les 20 ans du GRIP-UQAM, en 2013, l’idée de relancer le projet d’un resto-épicerie d’aliments locaux, d’y joindre un volet événementiel et d’en faire un lieu de collaboration entre l’université et la communauté a émergé.

Pour s’assurer de bâtir un projet qui réponde aux besoins de la communauté du Quartier Latin, les membres fondateurs ont sondé les étudiants, les travailleurs, les résidents, ainsi que quelques organismes communautaires aux alentours de l’UQAM. « Les groupes communautaires disaient en effet qu’il pourrait être pratique d’avoir des salles à louer pour organiser des évènements ponctuels qu’ils ne pouvaient pas faire dans leurs propres locaux, faute d’espace », explique le secrétaire du conseil d’administration de la coop les récolte et le délégué du GRIP, Michael Brophy.

Le projet fut présenté aux associations étudiantes facultaires de l’UQAM en 2013-14. Une majorité d’entre elles a donné leur appui au projet. « Elles disaient qu’elles manquaient d’espaces sécuritaires pour faire des événements universitaires, exprime-t-il. Le projet d’un bar coopératif a alors vu le jour. »

Les initiateurs du projet ont choisi le modèle coopératif, car c’est celui qui reflétait le mieux leurs valeurs. « Le mouvement coopératif porte beaucoup de projets qui ressemblent au nôtre et qu’on trouvait inspirants », ajoute Michael Brophy. Il voit la coopération comme une exploration des alternatives économiques.

La coop les récoltes compte trois sortes de membres : des utilisateurs, des fournisseurs et des membres de soutien. « Pour l’instant, la coop totalise une trentaine de membres utilisateurs qui paient 100$ et une trentaine de membres de soutien qui paient 10$, exprime Michael Brophy. Ils peuvent participer aux AG et avoir des rabais. »

Précarité de l’endroit

En date de mai 2017, la coopérative a été constituée et depuis, l’endroit a évolué. « On a installé des comptoirs, on a aussi ouvert un autre étage et on a depuis récemment une cuisine », explique Michael Brophy.

La Coop les Récoltes a vécu plusieurs moments difficiles à ses débuts. « La régie des alcools a changé une loi alors qu’on signait le bail et ça a prit beaucoup plus de temps que prévu avoir notre permis d’alcool, affirme-t-il. Quand on a ouvert, on avait presque plus d’économie. » M. Brophy souligne que l’expérience de plusieurs personnes impliquées dans le projet et des talents culinaires ont permis de construire une équipe solide.

La dizaine de membres travailleurs n’est pas rémunéré pour le moment. « On se relaie pour maintenir la place ouverte », explique M. Brophy. Le chiffre d’affaire de la coopérative est présentement de 120 000$.

« On essaie de former une équipe plus grande, ce qui représente un défi au niveau de l’implication », indique M. Brophy. Les employés de la Coop Les Récoltes espère pouvoir garder la place ouverte malgré sa situation précaire.

http://www.lesrecoltes.coop/

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