Nada Elkouzi : la coopération comme cheval de bataille

Portrait

Naomie Gelper

Nada Elkouzi a découvert la coopération alors qu’elle était encore aux étude. Elle est aujourd’hui  la directrice régional à la Coopérative de développement régional du Québec, région Montréal-Laval. Portrait d’une femme impliquée dans le milieu coopératif depuis presque 20 ans.

Après avoir obtenu un bac en science économique, Nada Elkouzi a fait une maîtrise à HEC Montréal.  Elle y a rencontré sa directrice de recherche qui lui a proposé de faire son travail de maîtrise sur les alliances stratégiques en économie sociale. « Dans le cadre de ma formation, j’avais nécessairement à côtoyer ou à connaître le champ d’économie sociale. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance des coopératives », explique-t-elle.

Lorsqu’elle a terminé son mémoire de maîtrise, on lui a suggéré de suivre une formation en lancement d’entreprise à la CDR Montréal-Laval. C’est donc comme participante que madame Elkouzi a fait ses débuts au sein de l’organisation, avant de postuler comme formatrice. « J’ai constaté que j’en partageais vraiment les valeurs, bien que je n’avais pas été nécessairement formée ou informée spécifiquement sur le domaine », raconte-t-elle.

Pour Nada Elkouzi, la coopération, c’est une façon de faire les affaires autrement, avec comme préoccupation principale l’être humain et la société. « Ce sont des entreprises qui sont responsables socialement, exprime-t-elle. Elles vont avoir des impacts positifs pas seulement pour les gens qui sont directement impliqués, mais aussi pour toutes les parties prenantes. » La directrice générale de la CDRQ Montréal-Laval considère que les coopératives sont des entreprises démocratiques, où l’investissement n’est pas le seul moteur.

Faire connaître le modèle à tout prix

Bien qu’elle continue de penser qu’il faut en faire davantage la promotion, Nada Elkouzi demeure positive face à l’avenir du modèle coopératif. « On remarque quand même que de plus en plus de jeunes vont vraiment adhérer aux valeurs coopératives, aux principes de partage et de solidarité, explique-t-elle. Mais ça ne se concrétise pas toujours en entreprise coopérative. »

Selon elle, la formule coopérative n’est pas assez connue. « On peut faire nos études sans jamais avoir été informé de ce modèle d’entreprise, spécialement dans les écoles de gestion, indique-t-elle. Il y a beaucoup de choses qui se font depuis plusieurs années, mais il reste encore des efforts à faire. »

Nada Elkouzi souhaiterait que le modèle se démocratise et qu’il devienne transversal. « L’idée c’est de montrer que ce modèle d’entreprise existe, de donner l’option aux gens de le connaître et de faire le choix de l’adopter », continue-t-elle. Elle est persuadé qu’en étant davantage connu, plus de gens vont s’y orienter.

Après l’année internationales des coopératives en 2012, l’intérêt a baissé. Pourtant, Nada Elkouzi soutient qu’il y a déjà un certain regain au niveau des projets coopératifs cette année. « On a conclu plusieurs ententes avec des partenaires pour faire rayonner davantage ce modèle d’affaire, exprime-t-elle. Mon souhait maintenant, c’est qu’on puisse sortir un peu des sentiers battus pour aller à la rencontre de gens qui ne le connaissent pas pour en faire la promotion. »

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