Muriel Dubois : Tracer le premier sillon

Naomie Gelper

Depuis l’an dernier, la productrice agricole Muriel Dubois est la première femme à occuper le poste de première vice-présidente du conseil d’administration de La Coop fédérée, la plus grande entreprise agroalimentaire du Québec.

Le parcours coopératif de Muriel Dubois débute en 1998 en tant qu’administratrice au sein de La Coop Covilac. Elle y est ensuite devenue vice-présidente au début des années 2000, puis présidente de cette coopérative agricole, de 2010 à 2015. Elle a eu l’opportunité de se joindre à La Coop fédérée en 2012, pour finalement y devenir la première vice-présidente en 2018.

« Mon rôle est de supporter mon président, exprime-t-elle. Je n’ai pas nécessairement un rôle plus important qu’un autre quand on est tous assis autour de la table. » Le plus important, pour Muriel Dubois, est de travailler pour les membres producteurs, de les représenter et de mettre en priorité l’avancement du modèle coopératif au Québec.

En tant que première femme à être la première vice-présidence du conseil d’administration de la Coop fédérée, Muriel Dubois entend montrer aux femmes qu’il y a une place pour elles au sein de l’entreprise. « J’aime comparer ma situation au labour, explique-t-elle. Quand on trace le premier sillon, on met ensuite sa roue dans le sillon, puis on repart. Je trace la voie, en quelque sorte. » 

Le modèle coopératif avant tout

Selon madame Dubois, le modèle coopératif agricole est l’opportunité pour les producteurs d’être propriétaires d’entreprises. « La Coop fédérée, c’est aussi le prolongement de leur entreprise : elle leur fournit produits et services, et leur permet d’être plus efficaces et plus rentables », ajoute-t-elle

Elle voit La Coop fédérée comme une institution qui permet de répondre à tous les besoins des entrepreneurs agroalimentaires. « Ils ont tous besoin d’intrants agricoles ou de produits de quincaillerie, continue-t-elle. Certains bénéficient d’outils de mise en marché, comme Olymel. Les produits et services sont très variés. »

Muriel Dubois a donc fait le choix du modèle coopératif, car il représente pour elle le prolongement de sa ferme, la Ferme Wallonie, une entreprise aujourd’hui spécialisée en grandes cultures, située à Sainte-Brigitte-des-Saults, dans la MRC de Drummond, dans le Centre-du-Québec. « Comme productrice, la coop m’appartient : j’ai un droit de parole, explique-t-elle. Je peux influencer le développement de l’entreprise, ce que je ne peux pas faire quand je travaille pour un établissement privé. »

Elle apprécie également que sa coopérative investisse et développe son milieu. « Quand La Coop fédérée fait des dons et des commandites, ou quand elle verse des ristournes aux producteurs, c’est toute la région qui en bénéficie. Les principes coopératifs sont très importants pour moi. Mettre l’humain au centre de nos décisions, c’est au cœur de mes valeurs, dit-elle. Il n’y a pas que le capital financier, il y a surtout le capital humain. »

Laisser un commentaire