Léopold Beaulieu : militant, à vie !

Naomie Gelper

Léopold Beaulieu, fondateur et président-directeur général de Fondaction, le fonds de développement de la CSN pour la coopération et l’emploi, a dédié sa vie au développement économique du Québec. En fait, il a l’économie sociale dans le sang !

Après des études classiques à Lévis et à Québec, Léopold Beaulieu trouve un emploi chez SSQ Assurance en 1968. « J’ai choisi de travailler dans une entreprise qui était à propriété collective, car il y a toute une différence dans la finalité, qui va bien au-delà de celle de rémunérer le capital », indique-t-il. M. Beaulieu explique qu’il a été élevé en sachant que « seul, on va beaucoup plus vite, mais on va moins loin… C’est à plusieurs qu’on réussit à faire quelque chose d’utile. »

Trésorier de la CSN de 1976 à 1996, il représente la centrale à la Confédération mondiale du travail (CMT), à l’Institut national de productivité, à la Société de développement des coopératives (SDC) et à la Société de développement industriel (SDI), devenue Investissement Québec. Membre du conseil d’administration de 1994 à 2011, Léopold Beaulieu y a aussi présidé le comité des ressources humaines et le comité aviseur sur le financement des entreprises d’économie sociale et coopératives (2004 à 2011).

À la CSN, il prend l’initiative d’une réflexion qui mènera à la création d’une première génération d’institutions en 1987 : Bâtirente, un fonds de retraite pour les travailleurs qui en sont dépourvus. On lui doit aussi le Groupe de consultation pour le maintien et la création d’emploi (aujourd’hui MCE Conseils), principalement axé sur la coopération du travail. Il siège toujours sur leurs conseils d’administration.

En 1995, Léopold Beaulieu crée Fondaction, l’une des premières institutions au Québec à s’engager dans la voie du développement durable. « Il y a une correspondance entre le développement durable dans ses fondements et l’économie sociale, exprime-t-il. La reconnaissance de l’activité économique n’a pas seulement pour impact le rendement sur le capital, mais aussi des externalités sur le plan social et environnemental. »

Léopold Beaulieu assure que l’économie sociale prend en compte les intérêts particuliers, dans une perspective d’intérêt collectif et dans le respect de l’intérêt commun. « La dynamique est différente lorsque notre principal objectif n’est pas que de rémunérer le capital », ajoute-t-il.

L’économie sociale, plus pertinente que jamais

Léopold Beaulieu est positif pour l’avenir du modèle coopératif, surtout dans le contexte actuel, qui doit prendre en compte les enjeux du développement durable et des changements climatiques. « La concentration du capital n’a pas pour objet de servir la collectivité… C’est un moyen et non une finalité. Alors que dans les entreprises collectives, la rentabilité et la viabilité représentent des outils pour répondre à différents besoins sociaux et humains », affirme-t-il

Léopold Beaulieu ajoute que le discours dominant ne reconnaît ni la pertinence des services publics, ni cette autre manière d’entreprendre. « Ça devrait faire partie de ce qui est enseigné dans l’ensemble des disciplines, peu importe le niveau de formation », déclare-t-il.

Outre les institutions créées à l’initiative de la CSN ou de Fondaction, Léopold Beaulieu est engagé auprès de nombreuses autres, actives dans le développement économique et social. Et ce n’est pas demain la veille qu’il va arrêter… « Quand on est dans la capacité d’agir, on doit se rendre utile », soutient-il.

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