L’économie sociale et les Laurentides

Anne-Marie Lavoie

Dans la vaste région des Laurentides, la diversité ne provient pas seulement des paysages de ses huit municipalités régionales de comté (MRC). Elle provient aussi des nombreux champs d’action des entreprises d’économie sociale qui s’y trouvent. « Jusqu’à présent, c’est très varié! Nous espérons que ça va continuer ainsi, et que nos partenaires et le grand public vont continuer de soutenir l’économie sociale dans la région et d’être aussi ouverts à l’égard de ce mouve- ment », affirme la présidente du Pôle régional d’économie sociale des Laurentides, Jennifer Cooke. Les coopératives et entreprises à but non lucratif de la région proviennent effectivement de secteurs d’activités très variés, comme l’art et la culture, les loisirs, la production vidéo, l’aide domestique, la foresterie, la floriculture et bien d’autres encore.

Les entreprises d’économie sociale jouent un rôle essentiel dans les Laurentides. La contribution des entreprises collectives dans la réponse aux besoins des communautés est précieuse pour tous. Les initiatives locales sont hétéroclites, mais reposent toutes sur la même volonté d’un groupe de personnes qui s’associent pour exploiter une entreprise en vue de satisfaire les besoins des membres et de la collectivité. À titre d’exemple, le nombre élevé de coopératives de santé qui naissent dans les Laurentides illustre bien l’importance des valeurs de solidarité et de coopération dans la région. On y retrouve aussi plusieurs entreprises d’insertion, des organismes visant à offrir de l’accompagnement, de la formation ou de l’emploi aux personnes en difficulté d’adaptation.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est CSEESL.png.Au Québec, le Chantier de l’économie sociale soutient le développement de l’entrepreneuriat collectif et veut être à l’écoute des besoins et des pro- jets des régions. Pour assurer cette liaison, des pôles régionaux d’économie sociale sont constitués partout au Québec. Le Pôle des Laurentides est confié à la Coopérative de solidarité des entreprises d’économie sociale des Laurentides (CSEESL). Il se démarque par sa forme juridique différente de celle des autres pôles. En effet, les Laurentides ont opté pour la formule de la coopérative de solidarité, créant ainsi une organisation entièrement formée par et pour les entreprises d’économie sociale. Afin de bien représenter ce type d’entreprises dans la région et d’y favoriser l’essor de l’économie sociale, des entrepreneurs bénévoles, dynamiques et passionnés, ayant à cœur la mission et les valeurs de la coopérative, forment ensemble le conseil d’administration.

Cette coopérative en pleine expansion compte maintenant plus de trente membres utilisateurs ainsi que quelques membres de soutien. Le Pôle organise, tant pour ses membres que pour les autres entreprises d’économie sociale de la région, des ateliers de formation et des activités de réseautage. Il leur offre aussi, autant que possible, de l’information sur les activités et actualités en économie sociale.

L’organisme s’est donné pour mission de favoriser la concertation et le partenariat entre les intervenants locaux et régionaux en économie sociale afin d’assurer la cohérence de leurs interventions et d’en maximiser les effets. La CSEESL œuvre aussi à promouvoir l’économie sociale et ses acteurs afin de leur donner la visibilité nécessaire à leur développement, tant sur le plan local que régional.

Le Québec se distingue par la croissance importante que connaît l’économie sociale. Les Laurentides ne font pas exception, même s’il est difficile de cerner l’ampleur du mouvement de l’économie sociale, puisqu’il n’existe pas de mesures statistiques fiables et mises à jour fréquemment. Des statistiques « maison » réalisées par le Chantier de l’économie sociale, avec la collaboration des centres locaux de développement (CLD) des Laurentides, avaient permis de chiffrer la croissance des entreprises entre 2002 et 2004. Ainsi, pendant ces trois années, 50 nouvelles entreprises collectives ont vu le jour, contribuant à la création ou au maintien de 242 emplois. Le développement de nouveaux outils financiers adaptés à la réalité des entreprises collectives nous porte à penser que le rythme de création d’entreprises et d’emplois en économie sociale s’est maintenu, s’il ne s’est pas accru au cours des dernières années.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est activités.png.

Pour l’avenir, la présidente de la CSEESL souligne que l’organisme désire mettre plus en évidence l’économie sociale dans la région afin de mieux la faire connaître du grand public. Elle affirme que la CSEESL croit au fort potentiel de développement des entreprises de ce secteur dans la région : « Il existe déjà, dans les Laurentides, des entreprises d’économie sociale très innovatrices et créatives qui sont des entreprises exemplaires pour l’économie sociale, mais n’oublions pas qu’il reste tout de même beaucoup de place pour développer le plein potentiel de l’économie sociale dans les Laurentides. » Ce développement se fera autant par ceux qui choisissent d’entreprendre collectivement que par les citoyens qui sont préoccupés d’acheter des biens et des services produits localement et engendrant des retombées économiques et sociales dans notre milieu. Alors, à vous de jouer!

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