Le Rond-Point, une coop et un carrefour d’idées

Naomie Gelper

Située sur la rue Ontario, au coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, le café Rond-Point est une coopérative de travail qui se veut comme un point de ralliement entre résidents et organismes communautaires du quartier.

Le Rond-Point a été fondé il y a deux ans par trois femmes, dont Héloïse Lanouette, dans le but d’offrir un espace d’inclusion. « Hochelaga est vraiment un quartier en changement majeur en ce moment ; il y a beaucoup d’argent est investi par la Ville pour l’aménagement des places publiques, explique Héloïse Lanouette, membre fondatrice. Par contre, au niveau du tissus commercial de la rue Ontario, on remarquait une transformation rapide. »

Selon elle, cette métamorphose du quartier ne se faisait pas dans une optique d’inclusion des gens plus défavorisés, marginalisés ou de ceux qui vivent des réalités différentes. D’où l’importance d’un café comme le Rond-Point. « Franchement, après deux ans, je peux dire que nous avons réussi notre mandat, pense-t-elle. On est dans un lieu où les gens se sentent bien et où ils sont à l’aise d’organiser des événements. »

Un espace, trois volets

Le café se décline en trois aspects importants : en plus du volet restauration, le Rond-Point offre son espace pour l’organisation de plusieurs évènements et agit comme une vitrine pour les organismes communautaires.

« On offre surtout des repas préparés sur place de bonne qualité, comme des salades, des soupes, mais aussi des desserts », exprime Mme Lanouette. Le Rond-Point propose également des aliments véganes provenant de la pâtisserie Sophie Sucré. « On essaie de vendre une nourriture diversifiée avec des options végétariennes, véganes et sans gluten », ajoute-t-elle.

C’est après la première année que l’équipe du Rond-Point s’est rendue compte qu’il fallait davantage cuisiner sur place. « Je suis fière de ce qu’on prépare, raconte Héloïse Lanouette. On fait des popsicles maison, on invente des saveurs à partir de vrais fruits ou avec du café ; il n’y a aucun sirop. » C’est en travaillant sur leurs produits que les employés ont réussi à développer leur touche unique.

Le Rond-Point accueille également des événements de toutes sortes, comme des soirées quizz, des concerts, des spectacles d’humour ou des projections avec notamment une programmation qui revient à chaque mois. « Ceux-ci sont, la plupart du temps, gratuits ou à contribution volontaire, afin que tout le monde du quartier puisse y participer », souligne-t-elle. Il est aussi possible de louer l’espace pour des événements privés.

Un calendrier affichant toutes les activités organisées par les différents organismes communautaires du quartier est stratégiquement situé sur le mur, à l’entrée du café. « Les gens peuvent se référer ici à ce qu’ils peuvent faire, émet Héloïse Lanouette. Il y a aussi une table avec des pamphlets de toutes les ressources dans le quartier, comme l’horaire des banques alimentaires et les marchés. »

La coopération en restauration, un défi de plus

Pour Héloïse Lanouette, le choix de la coopération allait de soi, car elle et les autres membres fondatrices avaient toujours été autonomes dans leurs milieux. Pour nous, c’était important d’avoir une égalité dans le travail et une reconnaissance réelle de ce celui-ci », insiste-t-elle. Elle admet tout de même qu’il a été difficile de faire transparaître le tout dans la réalité. « En restauration, on est pas habitué à faire un travail sans que personne ne dirige, explique madame Lanouette. Mais en même temps, ça nous amène vraiment à nous dépasser, à communiquer encore plus et cela fait que notre équipe est plus solide et plus soudée. » 

Selon Héloïse Lanouette, le modèle coopératif fait en sorte que chaque personne amène sa vision de l’entreprise, ainsi que ses idées. « C’est grâce à ça que le Rond-Point a autant de projets connexes et ça aide d’être plusieurs », se réjouit-elle.

 

Le Rond-Point

 

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