Adopter le modèle coopératif pour repartir sur de nouvelles bases

Étoile de mère, coopérative en périnatalité

Félix Delage-Laurin

Organisme sans but lucratif de 2005 à octobre 2012, la toute nouvelle coopérative en périnatalité l’Étoile de mère a une histoire riche en rebondissements. Orant des services d’accompagnement à la naissance, des cours prénataux et un soutien postnatal à domicile aux parents, la coopérative propose une alternative intéressante aux jeunes mamans et familles. Portrait d’un regroupement de maman-entrepreneures pleines de volonté et de persévérance.

L’aventure de l’Étoile de mère a commencé en 2004 lorsque Myriam Frégeau, jeune maman alors âgée de 26 ans, décide de suivre la formation d’accompagnante à la naissance offerte par plusieurs collèges privés. « Désireuse de faire mon entrée dans le monde entrepreneurial, j’ai par la suite complété mon cheminement en réalisant une formation à distance d’une année en entreprenariat à la TÉLUQ (Télé-Université). Mon projet de fin d’études consistait en la mise sur pied d’une entreprise fictive et j’en ai profité pour échafauder un véritable plan d’affaires pour l’OSBL de services en périnatalité que j’avais toujours voulu créer », explique la femme de 35 ans. Avec trois autres femmes rencontrées lors de sa formation d’accompagnante à la naissance, l’« idéatrice » du projet fonde donc l’OSBL l’Étoile de mère en juin 2005, avec une mise de fonds initiale de 1200 $. Le chemin sera ardu, la persévérance devra être au rendez-vous, puisque la première année, l’Étoile de mère offrira ses services… à une seule famille. Pourtant, ces mamans-entrepreneures ne se décourageront pas.

De 2005 à 2009, l’OSBL connaîtra une tranquille et constante croissance, bénéficiant même d’une subvention de 3 ans de la CDEC (Corporation de développement économique communautaire). Cependant, cette croissance s’avère difficile à gérer. « Nous faisions une gestion en bonne mère de famille, en économisant un montant d’argent pour avoir un fonds de roulement, mais on n’a pas fait assez d’investissements et on a fait des mauvais choix. Par exemple, on n’a pas beaucoup investi en publicité. Nos contrats ont diminué. En plus, au même moment, on venait d’engager deux personnes pour la gestion de l’OSBL et on a dû les renvoyer, parce qu’il n’y avait subitement plus assez de travail », explique Myriam Frégeau. Cet arrêt marqué de la croissance a contribué à démotiver les femmes travaillant sous la bannière de l’Étoile de mère. « Le temps investi par chacune était de moins en moins grand qu’avant », indique Frégeau. De plus, pour assurer un roulement de l’OSBL, les travailleuses devaient verser des redevances coûteuses – près de 30 % du montant reçu pour chaque contrat – qui ont contribué à en démotiver plus d’une. Ainsi, plusieurs ont décidé de quitter le navire de l’Étoile de mère, entre 2010 et 2012.

En 2012, soutenue par sa nouvelle collègue Julie Villiard et forte de quelques nouvelles accompagnantes motivées, Myriam Frégeau transforme l’OSBL en coopérative de producteurs. « Nous l’avons fait pour plusieurs raisons, tout d’abord pour insuffler de la motivation au sein de l’équipe et pour inclure davantage tout le monde dans le fonctionnement de l’Étoile de mère. Aussi, la structure interne de l’OSBL était devenue lourde et ne nous convenait plus. Le fonctionnement en CA proposé par le modèle coopératif de producteurs était très bien, car c’était nous, les travailleuses autonomes, qui formions le CA de l’Étoile de mère et qui prenions collectivement les décisions », explique Frégeau.

Aujourd’hui, de nets avantages ressortent de cette transformation en coopérative. « La synergie et le sentiment d’appartenance sont de retour au sein de l’équipe. Faire partie d’une coop m’amène beaucoup plus de sécurité dans mon travail. Par exemple, si je ne peux pas me présenter à un rendez-vous avec un client, je sais qu’une autre fille fera de son mieux pour me dépanner, car c’est l’intérêt commun de l’Étoile de mère qui prime », constate Myriam Frégeau. « On fait beaucoup plus de rétroaction qu’avant entre nous et ça se reflète sur le service qu’on offre aux parents », conclut Julie Villiard.

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Étoile de mère, coopérative en périnatalité
Coopérative de producteurs
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info@etoiledemere.com

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