Naomie Gelper

La Fiducie d’utilité sociale agricole Talanoa, nouvellement constituée, a annoncé l’acquisition d’une terre de sept hectares à Très-Saint-Rédempteur le 20 mai dernier à la Sucrerie des Gallant.

Le modèle de fiducie d’utilité sociale agricole (FUSA) n’est apparu que très récemment au Québec. Les FUSA sont généralement créées à perpétuité avec la vocation principale de protéger des terres agricoles et leur caractère. « La mise sur pied d’une FUSA se traduit par la protection de la terre agricole qu’elle a acquise pour les générations futures d’agriculteurs et pour le bien-être de la communauté », explique le président de Protec-Terre, Hubert Lavallée.

Organisme à but non lucratif créé en 1999, Protec-Terre aide et accompagne la création de fiducies d’utilité sociale agricoles en offrant des services-conseils. « Nous voulons assurer la préservation du patrimoine agricole biologique québécois au bénéfice de communautés de proximité », explique monsieur Lavallée.

La FUSA Talanoa est la quatrième de Protec-Terre. Hubert Lavallée explique que cela peut prendre en moyenne deux à trois ans pour créer une FUSA le temps de trouver la terre et de bons fiduciaires.

Le rôle des fiduciaires est d’être des « gardiens de la terre » et s’assurer que les agriculteurs répondent aux affectations de la terre. Ces derniers sont des superficiaires, car ils sont propriétaires que de la superficie.

La FUSA Talanoa

La FUSA Talanoa, située à Très-Saint-Rédempteur dans la région de Vaudreuil-Soulanges, est une terre de sept hectares qui accueillera un ou plusieurs agriculteurs dès le printemps prochain. « Chaque FUSA basée au Québec a sa propre vision, mais celle-ci est toujours tournée sur la conservation d’une terre non contaminée, sa décontamination si nécessaire, et sa préservation en vue d’une alimentation locale ou pour le pays », explique le fiduciaire fondateur de la FUSA Talanoa, Pierre Provencher.

Le deuxième aspect de la mission d’une FUSA est d’aider la relève agricole. « Très souvent, la relève agricole ne peut même pas s’offrir une terre, car les parents ont une énorme dette envers la banque ou le vendeur de grands tracteurs, par exemple », dit monsieur Provencher. La FUSA assure la pérennité de la terre. Ce dernier a également un projet de créer des coopératives d’habitation pour héberger les travailleurs de Talanoa dès le printemps prochain.

Différents modèles

Le modèle de FUSA est différent d’autres modèles agricoles, comme Pangea, un projet controversé en milieu agricole, piloté par le financier Charles Sirois, ou la ferme des Quatre-Temps, chapeautée par le co-chef de la direction de Power Corporation, André Desmarais. Tous ces modèles ne sont pas incompatibles, signale Hubert Lavallée, .

« Ce que André Desmarais fait, c’est qu’il reprend ce que Jean-Martin Fortier décrit dans son livre (NDLR Le jardiner-maraicher publié aux Éditions Ecosociété) pour voir comment on pourrait l’appliquer sur des plus grandes surfaces. Afin de mieux répondre aux besoins de la population québécoise, il essaie de rendre le modèle encore plus efficace pour permettre de créer, au final, des plus grandes fermes biologiques, explique monsieur Lavallée. Mais qu’est-ce qui va se passer avec ces fermes-là dans 10 ou 20 ans ? Va-t-il y avoir un autre transfert ? » Selon Hubert Lavallée, le modèle de FUSA est davantage pérenne.

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