Une communauté d’entraide de 2 millions de dollars

Marché Locavore de Racine

Alexandra Lopis

Créé en 2009, non pas par des producteurs, mais par des citoyens, le Marché Locavore de Racine veut promouvoir une alimentation saine et locale. Il contribue considérablement au développement socio-économique de l’Estrie avec des retombées de 2 millions de dollars pour la région en 2016.

« Une coopérative ne naît pas d’une volonté financière, c’est une structure légale à l’entraide. On met en valeur les capacités de chacun pour un mieux-être collectif et individuel », explique Gaston Michaud, président et membre fondateur de la Coopérative de développement de Racine et du marché.

Construire une communauté

Ouvert de la première semaine de juin jusqu’à la mi-octobre, le Marché Locavore propose toutes sortes de produits. Une vingtaine de producteurs y vendent leurs marchandises, et une autre vingtaine, dits en consigne, y sont représentés (c’est-à-dire qu’ils ne sont pas présents, mais que le marché vend leurs produits avec une marge de profit de 20 à 25%). « À la création [du marché], ils étaient de petits producteurs. Aujourd’hui, ils ont considérablement grossi », confie avec fierté Gaston Michaud.

En 2012, le marché a comptabilisé 7642 visiteurs pour toute la saison. En 2016, l’achalandage se chiffrait à 19000. Et si l’on en croit les sondages effectués chaque année par la coopérative, c’est « la convivialité, au même niveau que la qualité des produits » qui les attire.

Bien plus qu’un marché public, c’est un lieu de rencontre propice au développement d’une communauté forte et solidaire. « Il y a un sentiment d’appartenance qui ne peut se développer que parce que nous sommes une coopérative et qu’il y a un minimum de démocratie. Nous avons plus de 590 membres, ce qui veut dire qu’une très grande partie des gens qui viennent, eh bien, c’est leur marché ! »

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Crédit : Locavore

Gaston Michaud, qui est aussi l’auteur du livre La lumière de la terre, dans lequel il traite de ses multiples implications dans le développement communautaire, rappelle que celui-ci ne peut se faire « que s’il existe un lieu de rencontre continue. Une communauté est vivante lorsque des projets naissent, qu’on les charpente et qu’on travaille fort ensemble. »

Le grand défi

À côté du marché, un commerce offre un point de vente permanent aux producteurs. Complément logique du succès du Marché Locavore, cette Maison du Marché, propriété de la Coopérative de solidarité de Racine, est ouverte toute l’année.

Même si les chiffres, en constante progression, confirment la bonne santé du marché, la question financière reste essentielle. « Il y a des endroits où c’est la municipalité qui gère le marché et y met beaucoup d’argent. Nous, c’est d’abord un projet citoyen et l’autofinancement est un défi majeur. Nous ne sommes pas en difficulté, mais la gestion quotidienne est serrée, car nous ne voulons pas étrangler nos producteurs. ».

Publié le 15 octobre 2017

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