Un café à saveur locale et responsable

Café O’Marguerites, coopérative de solidarité

Lysanne Croteau

Par l’utilisation d’un slogan révélateur comme « Ma planète je l’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie! », les fondatrices du Café O’Marguerites montrent que la mission de leur coopérative de solidarité va bien au-delà de celle habituellement poursuivie par un simple café de village. En offrant une multitude de services, elles ne désirent rien de moins que conscientiser les gens à l’influence de leurs habitudes de consommation, et ce, autant sur leur santé personnelle que sur celle de leur environnement naturel.

Le 17 décembre 2011, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, après plusieurs mois de travail acharné, le Café O’Marguerites ouvrait ses portes au grand public. Bien plus qu’un simple café, la coopérative offre depuis plusieurs services en lien avec sa mission de développement local et durable, comme un café-terrasse, une boutique, des ateliers éducatifs ainsi que des conférences. « Nous avons créé un endroit où nous aimerions aller », explique Marinelle Cadieux, directrice générale, lorsqu’on lui demande de décrire la coopérative de solidarité. Ce souci des fondatrices de personnaliser l’entreprise selon leurs goûts et leurs valeurs démontre bien toute la passion de quatre membres travailleuses de la coopérative, soit Suzanne Boutet, Marinelle Cadieux, Julie Gagnon-Draws et Véronica Zuniga.

Souhaitant que la communauté puisse participer au projet et se sente partie prenante de la réussite du café, les fondatrices ont choisi de créer une coopérative de solidarité composée de membres travailleurs et de membres de soutien. Elles ont aussi opté pour une entreprise à but non lucratif afin que la pérennité de la coopérative demeure une priorité. L’excédent de revenus n’est donc pas remis aux travailleurs. Il est plutôt mis au service de la coopérative, en permettant, par exemple, l’achat de nouveaux équipements ou la redistribution équitable entre les membres de soutien.

Suzanne Boutet, vice-présidente de la coopérative, rappelle l’importance cruciale des membres de soutien, car leurs contributions financières permettent peu à peu de rembourser le prêt bancaire de la coopérative. L’augmentation marquée du nombre de membres de soutien, en seulement quelques mois d’opération, ne peut que réjouir les administratrices. Sans compter que cette hausse témoigne bien de l’intérêt de la communauté envers le Café O’Marguerites et qu’elle contribue à propager l’engouement vers d’autres commerces du secteur. Cet intérêt ne se limite pas aux frontières du village de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, même si le café avait été fondé, entre autres, pour offrir un lieu d’échange qui allait favoriser l’unité au sein de la communauté locale.

Ce café où l’atmosphère chaleureuse se traduit autant par la qualité du service que par le décor, off re un menu de plusieurs mets légers cuisinés, dans la mesure du possible, avec des aliments biologiques et sauvages disponibles au Québec selon la saison. Selon les dires d’une cliente qui fréquente souvent l’endroit, même les gens qui ont encore des préjugés à l’égard de la nourriture biologique se laissent charmer par l’ambiance du café, la fraîcheur et la qualité de la nourriture. Marinelle Cadieux ajoute aussi que si les plus sceptiques « goûtent une fois, ils reviennent! »

Le café off re toujours un menu du jour proposant deux choix de soupes, de salades et de desserts. Si cette sélection journalière n’excite pas vos papilles gustatives lors de votre passage, il est possible d’opter pour une variété de plats toujours disponibles sur place : sandwichs, paninis, wraps, quesadillas, empanadas, nachos gratinés ou autres nouveautés saisonnières. Une variété de boissons est aussi offerte, notamment un vaste choix de cafés, des infusions de tisanes et de thés, des bières artisanales ainsi que des vins biologiques. Sans compter que tous ces trésors peuvent être dégustés sur une terrasse offrant une superbe vue sur le lac Masson.

Aucun espace n’est perdu dans la coopérative. Les murs entourant le lieu où se trouvent les tables à café sont utilisés comme « coin boutique ». En effet, une panoplie d’étagères de bois, construites habilement par les administratrices, servent de présentoir sur lequel sont étalés des produits ménagers écologiques, des aliments biologiques et locaux, des produits artisanaux, des produits de soins corporels, des huiles essentielles, etc. Tous sont en vente dans cette section du Café O’Marguerites.

Victime de ce succès – succès dont elle ne se plaint pas d’ailleurs –, Suzanne Boutet aimerait tout de même bénéficier de plus de temps. Ainsi, elle pourrait organiser des soirées culturelles, comme des spectacles de jazz. Ce temps supplémentaire lui permettrait aussi de promouvoir davantage les ateliers éducatifs et les conférences proposés au public. Plusieurs ateliers portant sur des sujets variés, tels que la cueillette sauvage de plantes médicinales ou encore la fabrication de savons, ont eu lieu au cours des derniers mois. Le calendrier des ateliers et des conférences peut être consulté sur le site Internet de la coopérative, au www.cafeomarguerites.com.

Se lancer en affaires exige beaucoup d’heures de travail sans que l’entreprise soit nécessairement rentable dans les premiers temps. C’est connu! Pour pouvoir « souffler » un peu, les administratrices souhaitent engager un employé subventionné fiable qui donnerait un coup de pouce en cuisine. Désireuses de bâtir l’équipe parfaite, combinant encore plus de membres travailleurs et de membres de soutien, ces entrepreneures enthousiastes pourraient ainsi se permettre de se reposer un peu. Un repos incontestablement bien mérité en voyant tout ce qu’elles ont accompli en seulement une année!

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