Géoparc : Succès, 100 % communautaire

Stéphane Desjardins

Le mont Sainte-Anne est un joyau méconnu pour qui n’a pas encore visité le village célèbre pour son rocher. Le Géoparc de Percé y remédie avec brio.

Le 11 juillet dernier, la communauté de Percé célébrait toute une réalisation : le Géoparc de Percé recevait le prestigieux label de « Géoparc mondial UNESCO ». Cette distinction témoigne d’un héritage géologique exceptionnel d’importance internationale… C’est le premier endroit au Québec à recevoir ce statut et le troisième au pays, après Stonehammer (Nouveau-Brunswick) et Tumbler Ridge (Colombie-Britannique).

Peu de gens le savent, mais Percé a assisté à la naissance géologique du Canada. La Gaspésie fait en effet partie des Appalaches, une chaîne de montagnes orogénique qui couvre le versant atlantique du continent nord-américain. Le mont Sainte-Anne, situé tout juste derrière le village, compte plusieurs curiosités géologiques et offre une vue à couper le souffle sur le rocher, l’île Bonaventure, le village et la mer.

Toute la région mobilisée

Il fallait mettre ce site unique en valeur. C’est ainsi que le Géoparc de Percé, une coopérative de solidarité, fut fondé en 2012. Mais le projet a véritablement décollé quatre ans plus tard, à l’ouverture de son pavillon d’accueil. « La coop fait partie d’un grand projet, Percé Milieu de vie, qui vise le développement de notre communauté sous différents axes, explique Renaud Camirand, directeur général de Géoparc Percé. Le développement du mont Sainte-Anne en faisait partie. Un noyau d’entrepreneurs, sensibilisés à la valeur inestimable de la montagne, s’est investi dans le projet d’une façon communautaire. On a choisi de fonder une coopérative, car les bénéfices devaient revenir à tout le village, et non à une seule personne. »

La coop regroupe 25 membres qui ont deux statuts (utilisateur et support) et 40 employés. Les membres utilisateurs sont surtout liés à l’industrie touristique (hôteliers, restaurateurs, etc.), les membres de « support » sont des décideurs publics et des organismes d’aide au développement (MRC du Rocher-Percé, Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, SADC, etc.).

Le projet a mobilisé toute la région et s’inscrit dans le plan de développement de Percé. La Ville a fait l’acquisition du camping de la Baie de Percé, situé en plein village et autrefois géré par la SÉPAQ. Le Géoparc a pris la relève et y a installé son pavillon d’accueil, qui offre une exposition multimédia sur l’histoire géologique de la région qui s’étend sur 500 millions d’années. Une salle de jeu porte sur la thématique de la mer. On y projette aussi un film tous les soirs, à l’extérieur, sur l’histoire de la nation micmaque.

La plateforme

Le Géoparc a aménagé 18 km de sentiers balisés, installé la tyrolienne la plus rapide au pays dotée d’un câble de 226 mètres et, surtout, sa fameuse plateforme vitrée suspendue dans le vide, qui offre une vue inoubliable à 200 mètres d’altitude. Cette dernière, inaugurée en juin 2017, a coûté 700 000 $. Le développement du Géoparc est un projet de 7 millions.

« Nous ne sommes pas déficitaires, et tous les bénéfices générés par la coop sont réinvestis dans les infrastructures, explique Renaud Camirand. Nous permettons à nos visiteurs, notamment par des balades guidées, de découvrir les caractéristiques géologiques uniques du secteur de Percé, qui compte 23 géosites dans l’ensemble de son territoire. Nous sommes axés sur le tourisme durable : on veut développer notre région, améliorer le sort de notre industrie, de ses ressources humaines et de la population en général. »

geoparcdeperce.com

Laisser un commentaire