Saint-Esprit  – La Shop à légumes, qualité bio

Stéphane Desjardins

Faire rouler une ferme coopérative maraîchère d’agriculture biologique biodiversifiée sur une petite surface, c’est le pari fou de trois jeunes coopérateurs. Quatre ans plus tard, ça ne dérougit pas.

« On voulait créer nos emplois et faire ce qu’on aime. » Nicolas Loison, cofondateur de La Shop à légumes, une ferme de Saint-Esprit, dans Lanaudière, décrit ainsi son aventure.

Cette coopérative de travailleurs qui compte trois membres a été fondée à l’automne 2014. « On n’a jamais eu l’intention de se rendre à 20 membres, dit-il. Quand nous avons instauré la coop, les trois cofondateurs ne se connaissaient même pas ! On a pris un gros risque. »

Le projet est né de leur besoin de changer de profession. À 35 ans, Nicolas Loison ne se voyait pas s’ennuyer dans un boulot qu’il n’appréciait guère. Et il était jeune papa. « Je ne voulais pas me lancer en affaires en solo tout en composant avec la conciliation travail-famille. Puis j’ai fait la connaissance de Frédéric Pitre (NDLR : un de ses associés), qui était maître plâtrier et qui souhaitait aussi réorienter sa carrière. Il m’a présenté Marc-André Plourde. Je leur ai proposé mon projet, et ça n’a pas été long : c’était parti ! »

M. Loison a fondé et géré durant quatre ans une autre coopérative, Adapte, avec Pierre-Alain Cotnoir, un vieux routier de la coopération. Avec ses nouveaux associés, il a contacté la Coopérative de développement régional (CDR) de Lanaudière pour démarrer la ferme.

Un cadre solide

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est shop-a-legumes.png.Ils ont choisi le modèle coopératif pour plusieurs raisons : ils cherchaient un cadre qui compenserait leur manque d’expérience des affaires et des réalités de l’agriculture, leur apporterait de la rigueur et les obligerait à délibérer pour prendre les décisions. « C’est un modèle qui nous satisfait pleinement », confirme Nicolas Loison.

Ils ont déniché une petite terre de 2,5 hectares, ont bénéficié du soutien de la MRC de Montcalm et ont progressivement appris le métier d’agriculteur, sur le tas. Nicolas Loison avait tout de même acquis des connaissances en travaillant dans quelques fermes.

La première année, ils avaient prévu de livrer quelque 75 paniers de légumes ; le nombre a grimpé à 100. En 2016, après avoir obtenu leur certification en agriculture bio (une étape importante pour clarifier la mise en marché), ils se sont joints au Réseau des fermiers de famille d’Équiterre. Cette année-là, ils ont livré 180 paniers. En 2017, c’est passé à 225. Cette année, ce fut plus de 300. Et la coop avait aussi un kiosque, tous les samedis de l’été 2018, au marché public de Sainte-Adèle. La ferme vend aujourd’hui une cinquantaine de sortes de légumes, qui se déclinent en 200 variétés cultivées.

Développement par étape

« On suit notre plan de match à la lettre, reprend M. Loison. On a bien évalué nos affaires. Je m’occupe de la planification, de la production et de la coordination du travail dans le jardin. Marc-André voit à l’administration, à la certification, aux finances et aux relations client, tandis que Frédéric s’occupe des bâtiments, de la livraison et… des problèmes ! » Tous travaillent dans les champs avec leurs cinq employés et plusieurs bénévoles, qui prêtent main-forte à des moments stratégiques. L’essentiel du travail est réalisé à la main.

En 2017, la coopérative a acheté un véhicule et un tracteur, avec deux premiers financements, et elle a fait l’acquisition de sa terre en juillet dernier. Elle dispose de quatre serres, qui permettent d’atteindre une productivité adéquate, car certaines cultures sont difficiles à assurer autrement : « On a des tomates cerises dès le premier juin ! On n’offre pas juste de la verdure. Et on veut se démarquer par la qualité et la diversité de nos paniers », ajoute M. Loison.

La prochaine étape est la construction d’un bâtiment multifonctionnel, où il sera possible de laver, sécher et stocker à sec les produits plus tôt ou plus tard en saison. La ferme aimerait aussi se doter d’un kiosque, car de nombreux clients arrêtent sur place pour passer des commandes ponctuelles.

« Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli jusqu’à présent », déclare un Nicolas Loison visiblement heureux.

lashopalegumes.ca

equiterre.org/projet/reseau-des-fermiers-de-famille

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