Prendre notre avenir en charge

Gaston Bédard

Au début de ma carrière, sans que je le réalise pleinement, je suis tombé, tel un Obélix, dans la marmite de la coopération. Un de mes premiers emplois a été un poste de contrôleur financier chez Ubald Forest et Fils ltée. Les choses ont bien évolué depuis toutes ces années. À l’époque, j’étais loin de me douter que je me trouvais déjà dans une entreprise qui allait devenir la filière BMR, exploitée par un géant de la coopération, La Coop fédérée.

Comptable de profession et diplômé en administration des affaires ainsi qu’en économie et gestion, j’ai continué ma carrière au Mouvement Desjardins en œuvrant dans différentes caisses populaires. J’ai également travaillé à la Fédération des caisses Desjardins, pour finalement me retrouver au cœur du grand mouvement coopératif et mutualiste, soit au Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, notre instance de représentation et de concertation provinciale.

Aujourd’hui, je réalise pleinement toute la portée de la coopération pour les collectivités du Québec.

La coopération est née d’un besoin des gens de prendre leur avenir en charge. C’était initialement une façon de se protéger face à des enjeux sociaux et économiques qui échappaient à la mainmise des travailleurs. Avec le temps, le Québec a beaucoup évolué. Les enjeux et les moyens, aussi. Bien que la coopération ait toujours fait partie du paysage socioéconomique et que, à certains moments, lors des années de prospérité économique, elle ait peut-être été un peu mise de côté, sa pertinence et sa contribution demeurent essentielles.

Les valeurs portées par la coopération — soit la transparence, la démocratie et l’équité — participent au maintien de la justice sociale et d’un équilibre sociétal sain. L’ancrage local des coopératives protège les particularités régionales qui rendent notre grand territoire aussi unique et attractif. Les pratiques des coopératives sont axées vers le développement durable et le respect de l’environnement. Et ces entreprises encouragent la relève familiale ou par les travailleurs pour conserver les savoir-faire et les expertises chez nous.

À l’occasion de la tournée du CQCM intitulée Coopérative d’ici : notre empreinte sur le monde, j’ai sillonné le Québec pour aller à la rencontre de jeunes et leur présenter le modèle d’affaires coopératif. J’ai non seulement pu échanger avec des coopérateurs passionnés, mais j’ai aussi découvert que les valeurs et les principes portés par la prochaine génération de travailleurs étaient ceux de la coopération.

La coopération se définit par toutes ces personnes qui décident de changer les choses pour le mieux-être des collectivités. C’est une immense famille composée de gens de cœur qui sont inspirants. La coopération, c’est plus qu’une entreprise, qu’une bannière, qu’un chiffre d’affaires. C’est le plus vaste projet sociétal collectif qui soit !

Au fil des pages de ce numéro, vous découvrirez de grandes histoires coopératives. Laissez-vous inspirer par la portée de ces récits. Chose certaine, l’avenir de la coopération au Québec est entre bonnes mains…

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