Pour l’amour de la maille

Tissus de maille métallique Coop.

Félix Delage-Laurin

En amour depuis onze ans avec la maille, un matériau qu’elle qualifie d’étonnant, de durable et d’élégant, Jacynthe Vermette dégage l’image d’une passionnée lorsque je la rencontre aux bureaux de sa toute nouvelle coopérative de travail Tissus de maille métallique Coop., à Montréal-Nord. « Les gens sont naturellement intrigués par la maille. De plus, ce matériau fait partie des matériaux nobles, comme le bois et la pierre et au niveau architectural, on va vers la maille, car les nouvelles constructions demandent qu’on porte un peu plus attention à l’environnement. La maille est idéale », explique la femme d’affaires de 62 ans. Le caractère environnemental de la maille est étonnant; elle est constituée à 85 % d’aluminium et d’acier recyclés.

Après avoir mené de 2002 à 2012 l’entreprise en tant que société par actions, c’est, entre autres, sa volonté d’adopter des pratiques saines pour l’environnement qui a convaincu Jacynthe Vermette et ses partenaires de transformer l’entreprise en coopérative de travail en juin 2012. « Le transport est très coûteux et il y a des économies d’échelle importantes à aller chercher avec le modèle coopératif, qui est un modèle qui favorise l’économie locale. L’esprit coopératif nous fait découvrir d’autres coopératives et on nous offre beaucoup de soutien et de possibilités de rencontres et d’échanges avec d’autres coopérants, dont les produits pourraient nous intéresser, et vice-versa », explique t-elle.

Fabriquer ici
Ces velléités pro-environnementales se traduisent dans le désir des partenaires de s’approprier davantage l’étape de la fabrication du produit. Jusqu’en juin 2012, Les tissus de maille métallique inc. agissait seulement comme distributeur de maille au Québec. Cette maille arrivait de loin et était coûteuse à transporter. Souvent, des travaux de finition et de lavage de la maille étaient effectués lors de l’arrivée à l’atelier, mais l’entreprise québécoise recevait déjà la maille en produit fini. Depuis la création de la coopérative, Vermette et ses partenaires ne procèdent qu’à l’achat de diverses tailles de fil étiré – fil utilisé pour fabriquer la maille –, mais façonnent ici-même la maille destinée à leurs divers produits qui sont ensuite intégrés à des projets de design, d’architecture, de projections de lumière et de sécurité. Même dans l’achat des divers fils étirés, l’achat local est recherché. À l’heure actuelle, Jacynthe Vermette achète du fil étiré en Ontario et aux États-Unis, car il lui est impossible de le faire au Québec, pourtant grand producteur d’aluminium. « Au Québec, on fabrique de l’aluminium, mais il va se faire transformer très loin, comme en Chine. Le fil étiré étant fabriqué au niveau tertiaire, je ne peux donc pas en acheter au Québec. C’est dommage qu’il y ait très peu d’économie secondaire
ou tertiaire au niveau du métal au Québec », déplore t-elle.

Vermette, qui se décrit comme une femme d’équipe, est convaincue qu’elle était destinée à adopter un jour le modèle coopératif. « À un moment donné dans cette entreprise, mon travail était plus solitaire et je trouvais cela difficile. J’ai toujours voulu m’entourer de gens et travailler avec des gens qui en savent plus. J’aime le modèle coopératif parce que cela rend le travail plus fluide, plus dynamique. En plus, tous ont un intérêt commun et s’intéressent à l’entreprise », explique t-elle, les yeux pétillants. Si les problèmes d’ordre entrepreneurial restent les mêmes que dans une société par actions, vivre dans un fonctionnement coopératif allège beaucoup les choses, car il est plus aisé de trancher. « Il est plus facile de prendre une bonne décision à cinq », soutient Jacynthe Vermette.

Au final, adopter le modèle coopératif permet d’offrir un meilleur produit au client. « Tout le monde est tellement intéressé à l’entreprise que tout coule aisément et forcément, ça vient affecter la qualité du produit fini », conclut la femme d’affaires.

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