Nature et origine des mouvements

Jean Soublière
Mot de l’éditeur

À quand remonte la prise de conscience que l’environnement écologique et le développement économique sont intrinsèquement liés l’un à l’autre?

À l’origine des temps, diront plusieurs. Et ce n’est pas faux ! Les agriculteurs ont compris et intégré depuis belle lurette l’importance du cycle de décomposition de la matière organique dans celui de la production des cultures. De nos jours, en matière d’innovation verte, il est impossible de passer à côté des coops agricoles. On fait donc, dans le présent numéro, une place considérable à l’agriculture qui innove, comme la Coop Agri-Énergie Warwick.

Quand on constate à quel point l’étalement urbain a réduit les superficies cultivables (et ça continue, malgré les lois censées protéger les terres agricoles), il faut bien réfléchir ensemble aux moyens de récupérer, développer et gérer collectivement de nouveaux espaces de production alimentaire. L’agriculture urbaine serait-elle à l’avant-garde ? La Centrale Agricole représente ainsi le fer de lance de ce mouvement à Montréal. Alors, pourquoi ne pas y participer soi-même ? La MC2M embarque à son tour, en amorçant son projet de culture sur le toit et d’aquaponie dans ses garages.

Les sociétés, autrefois en harmonie avec la nature, ont misé sur la révolution industrielle pour répondre aux besoins grandissants des populations en forte croissance. Cette révolution a toutefois causé des dommages considérables à nos écosystèmes, notamment par la détérioration des rapports entre l’humain et les milieux de vie.

En réaction, des visionnaires, les frères Adrien Rivard et Marie-Victorin (Jardin botanique de Montréal) ont fondé, en 1931, les Cercles des jeunes naturalistes (CJN), qui existent toujours. Ce mouvement fait la promotion de l’interprétation et de la découverte des sciences de la nature et de la protection de l’environnement. On ne réalise pas à quel point les CJN ont fait œuvre utile pour conscientiser et former des générations de jeunes d’ici à la cause environnementale. Nombre d’entre eux ont grossi les rangs de ces « millions de personnes qui ont entrepris la révolution écologique », écrit Stéphane Desjardins, qui explique avec justesse la différence entre « développement durable » et « économie circulaire » dans le dossier de ce mois-ci.

Citoyens, syndicats et mouvements sociaux choisissent différentes avenues pour défendre leurs convictions et leurs causes. L’environnement ne fait pas exception. Pas surprenant que « … le mouvement coopératif s’est préoccupé très tôt de ces questions », raconte notre nouvel historien en résidence, Pierre-Olivier Maheux. Il relate, par exemple, la création d’un Fonds de récupération mis sur pied il y a près de 40 ans par le Mouvement Desjardins pour financer une usine de récupération de papier de la compagnie Cascades.

Ce qui me ramène à un vieux souvenir qui remonte aux années 1980, celui de ma première carte de crédit : une Visa Desjardins Environnement. Elle arborait le logo de la Fondation québécoise en environnement, et chaque transaction donnait un pourcentage de mes achats à cet organisme.

La cause environnementale ne date donc pas d’hier, et la lutte se poursuit sur tous les fronts. Y compris au sein du mouvement coopératif, dont l’expertise s’agrandit de jour en jour. En témoignent nos excellents portraits de coopérateurs œuvrant en économie circulaire, réalisés par notre journaliste Brittanie Sullivan.

Bonne lecture.

Crédit photo mise à l’avant : https://unsplash.com/@naseem_buras

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