Les étudiants en réclament !

Stéphane Desjardins

On enseigne peu ou pas le modèle coopératif aux étudiants en gestion. Pourtant, ils sont déjà en mode coop !

« Depuis des années, les professeurs réfléchissent à une économie hétérodoxe, car la demande vient des étudiants », affirme Luc Audebrand, prof à l’Université Laval. Et le modèle coop permet justement de stimuler la pensée complexe chez les étudiants, dans un contexte scolaire[1].

Valérie Michaud, professeure à l’UQAM, constate que les jeunes cherchent à donner du sens à leur future profession. Plusieurs sont dans des cours qui n’approchent pas le mode collectif, mais ils veulent tout de même travailler dans de telles organisations.

« À la base, les étudiants en gestion ont des valeurs entrepreneuriales assez fortes, commente Dominic Martin, professeur à l’UQAM. On doit leur démontrer qu’une organisation de type coopératif n’intéresse pas seulement les gens qui ne veulent pas s’enrichir ou qui ne sont pas capitalistes. »

Pour madame Michaud, la mouvance vers l’entrepreneuriat social est une excellente occasion pour les coops de rappeler leur existence. L’opinion est partagée par Luc Audebrand. Ce dernier constate que les coopératives ne prennent pas assez souvent l’initiative de se faire connaître du milieu universitaire. Spécialement les PME et les très petites coops.

« Les coopératives sont des organisations assez discrètes, constate Éric Brat, professeur à HEC Montréal. Elles sont très ancrées dans leur région et se voient avant tout au service de leurs membres. Elles priorisent les échanges avec ceux-ci avant de communiquer avec le reste de l’économie, les médias, les institutions d’enseignement… »

[1] Audebrand Luc K, Camus A, Michaud V. A Mosquito in the Classroom: Using the Cooperative Business Model to Foster Paradoxical Thinking in Management Education. Journal of Management Education 2017; vol. 41.

Laisser un commentaire