La finance solidaire: D’abord une affaire de partenariat

Jacques Gauthier

S’il y a un aspect qui est clairement ressorti du Rendez-vous de la coopération 2012 de la Coopérative de développement régional de Montréal-Laval (CDRML), Les financiers de la coopération, c’est bien que ces financiers, qu’ils soient issus de structures publiques, associatives ou coopératives, travaillent toujours de concert et ne traitent jamais un dossier en solo. La collaboration, pour ne pas dire, la coopération, est toujours à l’ordre du jour.

La CDRML voulait, lors de cette rencontre, mettre en évidence cette dynamique de collaboration entre les financiers et faciliter les contacts, en un même lieu, entre les coopératives et leurs financiers. Nous avions donc réuni quatre panélistes importants de la finance solidaire, soit Léopold Beaulieu, président-directeur général de Fondaction, Jacques Charest, directeur général de la Fiducie du Chantier de l’économie sociale, Claudette Girard, directrice des services aux entreprises collectives chez Investissement Québec et Dianne Maltais, conseillère principale en développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

De plus, les coopérateurs présents ont pu rencontrer les financiers aux tables d’information installées autour de la salle : la Caisse de la culture Desjardins, Investissement Québec et son nouveau programme IMPLIQ , la Fiducie du Chantier de l’économie sociale et le Réseau d’investissement social du Québec (RISQ ), le Centre local de développement (CLD) Montréal Nord, le Fonds de développement Emploi-Montréal et son Service deuxième ligne (S2L), Filaction et le Fonds afro-entrepreneurs, le Réseau des Corporations de développement économique communautaire (CDEC) de Montréal, le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) et Femmessor-Montréal.

Il n’est pas facile de résumer en quelques lignes les diff érents services offerts par ces fi nanciers de l’économie sociale, mais ce qu’il importe de comprendre, c’est que quelle que soit la porte utilisée pour aborder ces financiers, vous serez en relation avec tous, tant l’esprit de collaboration entre eux est développé. Leur complémentarité est bien réelle. Vous retrouverez sur notre site Internet, au www.cdr.coop, les services financiers offerts par les organisations représentées par nos quatre panélistes.

Trois idées frappantes
1. Dans les 10 prochaines années, 55 000 PME devront changer de mains, chercher une relève. On dit que la moitié d’entre elles pourraient être reprises sous le modèle coopératif : coopératives de travail ou coopératives de travailleurs actionnaires. Pensons par exemple à un petit garage de quatre employés que le propriétaire décide de vendre et qui pourrait devenir une coopérative de travailleurs, les quatre employés achetant l’entreprise. Dans un dossier comme celui-là, Investissement Québec pourrait intervenir en complémentarité avec ses partenaires de la finance solidaire et servir d’intermédiaire entre les PME et le mouvement coopératif. Claudette Girard, d’Investissement Québec, et Pierre-Alain Cotnoir, de la CDRML, ont abordé ce sujet.

2. À la mi-juin 2012 s’est tenu Rio +20, la grande réunion des Nations Unies, 20 ans après le Sommet de la Terre. D’après monsieur Léopold Beaulieu, le développement économique actuel met notre planète en péril. Les scientifiques disent que si on pouvait réorienter seulement 2 % du PIB mondial en travaillant autrement dans l’agriculture, le bâtiment, l’énergie, les pêches, la foresterie, le transport, l’industrie manufacturière, le tourisme, l’eau et dans la gestion des déchets, on pourrait combattre efficacement les gaz à effet de serre, avec une autre perspective que celle qui nous confronte actuellement. Le modèle coopératif pourrait prendre à sa charge ce 2 %. En tant que partenaires du mouvement coopératif, nous devons aborder certains enjeux et défis qui concernent beaucoup plus que notre société.

3. Un autre mode de gouvernance est à développer. Toujours selon monsieur Beaulieu, la gestion collaborative en matière de décision, d’action, d’orientation et de vision va devenir la norme. Elle fait partie de ce qu’il y a de nouveau dans le développement durable. Le modèle coopératif est composé d’entreprises où les usagers sont essentiellement des membres de l’association propriétaire. Sans le moindre doute, nous avons besoin d’un changement de paradigme, changer les objectifs pour passer du court au moyen terme, des seuls bénéfices financiers aux besoins des personnes, de l’avidité à la sollicitude, d’un modèle axé sur la croissance économique à un modèle qui conjugue le social, l’économique et le développement durable. Le temps est venu de faire davantage pour faire reconnaître le rôle des coopératives comme partie prenante de la solution. Vous en êtes ensemble. Nous en sommes!

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