Devenir un fournisseur de services en adoptant le modèle coopératif

Coop de solidarité du Suroit – CSUR

Félix Delage-Laurin

La région du Suroit, située à l’extrême sud du Québec, entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent, est toute petite. Le village de Très-Saint-Rédempteur, avec ses 980 habitants, se situe au milieu de ce territoire rural. Alors avant que la Coop CSUR n’existe, en 2006, comment s’approvisionnaient les citoyens désireux d’obtenir Internet, un service que nous considérons aujourd’hui comme presque acquis? «Ils n’avaient pas un grand choix devant eux», explique Réjean Sauvé, membre travailleur à CSUR depuis six ans. « Dans les régions éloignées comme les nôtres, les gros fournisseurs de services n’ont pas d’intérêt à nous offrir Internet parce que ce n’est pas rentable pour eux. Il n’y a que Bell qui offre quelque chose, et c’est très cher », explique t-il.

En 2006, le besoin est criant et quelques citoyens se réunissent, réfléchissent et décident d’agir. « Nous sommes d’abord aller voir d’autres fournisseurs pour avoir des avis, des soumissions. Certains nous ont carrément dit non et d’autres nous demandaient un prix énorme. On s’est dit que si le service ne venait pas à nous, nous allions le créer nous-mêmes. La philosophie derrière CSUR était de mobiliser la population afin qu’elle ne se fasse pas  berner par les grosses compagnies d’Internet. C’est notre besoin d’avoir Internet qui a mis la coopérative au monde. » Ils seront finalement 17 membres fondateurs à entériner la création de la Coop de solidarité du Suroit. Pour offrir l’Internet, il fallait d’abord installer un vaste réseau de lignes de montage. « Ce fut difficile. C’était un défi technologique énorme. De plus, il fallait obtenir du capital pour installer l’équipement. Certains membres ont puisé dans leurs économies personnelles pour mener à bien le projet. Cela pris une année entière et les premiers citoyens purent se connecter  à partir de juillet 2007 », explique M. Sauvé.

Aujourd’hui, la Coop CSUR dessert treize localités du territoire (Rigaud, Ste-Marthe, Ste-Justine-de-Newton, Rigaud, entre autres) et de l’est ontarien, et ce sont près de 800 personnes qui bénéficient de l’Internet. « Notre coop sans but lucratif a engrangé des revenus plus grands qu’espérés. Quand ça a décollé, ça a décollé ! À chaque année, nous avons entre 100 et 150 nouveaux membres. Maintenant que notre premier objectif a été atteint, nous voulons développer notre offre de services afin de devenir une coop multi-services. »

Ainsi, depuis janvier 2014, un deuxième service est offert aux membres de la coopérative. Il est possible de faire son épicerie en ligne puis de récupérer les produits et aliments commandés à divers points de chutes dans la région. « Et nous avons beaucoup de produits biologiques, que nous pouvons vendre à des prix très bas à nos membres. C’est très avantageux. » Un beau moyen de manger bio à peu de frais et à un pas de chez soi.

Moderniser le service

Le prochain projet sur la table vise à compléter la modernisation du service Internet. « Nous installons la technologie par fibre optique sur l’ensemble de notre réseau de plus de 40 km. Avec cela, nous offrirons un meilleur service qu’en ville et nous sommes en pleine campagne ! » Réjean Sauvé aimerait consolider le réseau dans la région du Suroit, sans pour autant l’étendre ailleurs. « N’oublions pas que deux plans d’eaux nous séparent du reste du Québec. Cela demanderait des dépenses considérables. Nous voulons continuer à offrir des services de proximité à nos citoyens. Notre planification est davantage régionale et notre objectif est de recruter de nouveaux membres dans la région en plus de continuer de développer notre toute nouvelle épicerie en ligne », conclut-il. Une vision d’avenir riche et prometteuse qui mise sur la citoyenneté active d’une communauté pour prospérer.

Coop CSUR

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