Audiotopie, créer et coopérer

Naomie Gelper

Audiotopie, une coopérative de travailleurs oeuvrant à la frontière de l’art sonore, de l’architecture de paysage, du design et des nouveaux médias fête ses dix ans cette année.

Ce sont les deux architectes paysagers Édith Normandeau et Yannick Guéguen qui sont à l’origine de l’idée. Au départ, la mission de la coop était principalement de créer des parcours sonores dans le but de faire découvrir la ville et mettre en valeur certains problèmes autour de l’aménagement paysager. Dorénavant, Audiotopie est dirigé par Étienne Degast qui s’occupe également de la composition sonore. La coop d’artistes qui est aussi un organisme à but non lucratif compte en tout quatre membres travailleurs. Son chiffre d’affaires est d’environ 150 000$.

Selon Étienne Legast, le modèle coopératif n’est pas commun dans le milieu dans lequel il oeuvre. « Essentiellement, c’était le modèle de fonctionnement qui nous intéressait, car c’est une forme juridique qui correspondait à nos idéaux », exprime-t-il.

La puissance du son

Depuis dix ans, la coop a évolué vers une optique plus artistique, explique monsieur Degast. Alors que le projet était davantage axé sur l’aménagement paysager à l’origine, c’est maintenant le son qui prend plus de place. « Une des motivations principales reste de créer des installations sonores et visuelles, mais toujours en gardant le dialogue avec le territoire », avance-t-il. Le mandat de la coop est principalement de créer des oeuvres médiatiques in situ centrées autour du langage sonore et de l’art numérique.

Audiotopie produit donc des parcours et des oeuvres physiques dans des lieux publics majoritairement à Montréal, mais aussi à travers le Québec et même à l’international, comme en Italie et en France. La durée des installations peut varier entre quelques jours, quelques semaines et des années.  « On travaille avec la ville, mais aussi avec des clients, des institutions ou des événements, exprime Étienne Legast. Les installations peuvent aussi se faire grâce à des subventions artistiques auprès du conseil des arts du Canada ou du conseil des arts du québec. »

Dryades II, une des oeuvres en place jusqu’au 12 août résonne sur la Place Fleurs-de-Macadam au 962 rue Mont-Royal Est. Elle est constituée de huit haut-parleurs qui diffusent des sons variant en fonction de la journée. « La trame audio cherche à s’adapter aux différentes activités, souligne monsieur Legast. Le but est ensuite de voir quels sont les impacts de ces ambiances sonores sur les passants. Vont-ils s’asseoir et rester ou vont-ils plutôt partir ? » L’installation est en partenariat avec McGill et le Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Médias et Technologie (CIRMMT), un groupe de recherche pluridisciplinaire basé à l’Université McGill, au sein de l’École de musique Schulich.

En plus de créer des oeuvres physiques, Audiotopie vend du matériel et des équipements. À l’avenir, le directeur général Étienne Legast souhaite travailler au développement de différents outils d’installations sonores que la coop pourrait vendre à différents clients.

http://www.audiotopie.com/

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